Discours 1er mai 2026
Si dans l’imaginaire collectif, les Etats Unis sont l’antre du capitalisme.
C’est un mouvement ouvrier de Chicago, pour la journée de 8 heures que naitra le 1er mai. A l’appel de la 2ème internationale, le 1er mai deviendra symboliquement une journée chômée pour les travailleurs dans le monde entier.
En France, en 1891, à Fourmies, petite ville textile du Nord proche de la frontière belge tout juste sortie d’une longue grève pour la journée de 8h, le patronat a menacé de licenciement les ouvriers qui arrêteraient le travail et obtenu du préfet qu’il mobilise un important dispositif de maintien de l’ordre. En l’absence de forces spécialisées, c’est alors, à l’armée qu’incombe cette mission.En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d’obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. Les affrontements se soldent par neuf morts, dont quatre jeunes femmes et un enfant. Avec la fusillade de Fourmies, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.
En 2026, l’extrême centre soutenu par la droite et l’ED n’a -t-il rien de mieux à faire que de s’attaquer au 1er mai ? Ce projet, contrairement à ce qui est mis en avant, ne s’adresse pas aux petits commerçants et petits artisans mais c’est encore un cadeau au patronat, aux grandes filiales. Si le premier ministre a reculé devant l’IS, il n’a pas baissé les armes. Leur objectif est bien de nous voler le 1er mai. Nous ne sommes pas dupes et nous resterons mobilisé.
Depuis le début de l’année, les équilibres géostratégiques mondiaux et le droit internationale issue des grandes défaites du fascisme et des guerres mondiales sont fragilisés. Les remises en cause ouvertes du multilatéralisme, du droit international, l’affaiblissement des cadres de coopération entre États et la montée des logiques de blocs traduisent une crise profonde du système capitaliste mondialisé.
Cette situation constitue une aubaine pour les forces conservatrices et réactionnaires, qui tentent de recycler des idéologies autoritaires, nationalistes et xénophobes. Partout, les logiques impérialistes s’expriment à nouveau sans masque : mépris des peuples, brutalité économique, humiliations diplomatiques, retour des rapports de force armés et des logiques néocoloniales. Les institutions censées protéger les peuples sont contournées ou instrumentalisées, au service des intérêts du capital et des grandes puissances.
Face à ces bouleversements, une constante demeure : les crises internationales, quelles que soient leurs formes ou leurs prétextes, ne doivent jamais servir à remettre en cause les droits sociaux, les libertés syndicales, ni les conquêtes du monde du travail. C’est un point de vigilance et de combat central pour la CGT.
Sur le plan national, le spectacle politique offert depuis 2024 alimente le discrédit démocratique, la confusion idéologique et la banalisation de l’extrême droite. Les alliances opportunistes, les renoncements successifs et l’absence de réponses aux urgences sociales et environnementales nourrissent la défiance populaire. Dans ce contexte, le mouvement syndical, et en particulier la CGT, est attaqué, caricaturé, judiciarisé. Les luttes sociales sont délégitimées, les militants poursuivis, et le modèle social issu des grandes conquêtes de l’après-guerre est présenté comme dépassé, voire irresponsable.
Parallèlement, un discours de guerre s’installe. On cherche à banaliser l’idée d’un affrontement armé inévitable, à préparer les esprits à des conflits dits de « haute intensité », à militariser les budgets publics et à conditionner la population à l’économie de guerre. Cette fuite en avant belliciste sert avant tout les intérêts de l’industrie de l’armement et du capital financier. Elle ne répond ni aux besoins des peuples, ni aux aspirations du monde du travail.
La CGT le réaffirme avec force : le monde du travail ne doit pas être la variable d’ajustement des stratégies impérialistes. Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas à subir la régression sociale, la précarité, l’austérité et le sacrifice de leurs droits.
Le pacifisme n’est ni naïf ni dépassé : il est une exigence politique, sociale et humaine.
L’histoire nous enseigne que dans les périodes de crises, la tentation du repli nationaliste et des discours simplistes est grande. Les réseaux sociaux et les médias aux mains de quelques milliardaires amplifient les contre-vérités, désignent des boucs émissaires et banalisent la haine. Le mouvement syndical est alors accusé d’irresponsabilité, voire de trahison, tandis que l’« étranger », le migrant, le syndicaliste ou le militant devient la cible. La CGT refuse ces logiques de division. Nous dénonçons sans ambiguïté ces discours mortifères.
Non, la loi du plus fort n’est jamais une solution.
Non, le chantage, la menace et la guerre ne sont pas des modes de régulation acceptables.
Non, la transition écologique ne peut être subordonnée aux exigences de rentabilité ou au remboursement de la dette.
Non, l’industrie de l’armement ne peut dicter l’avenir des peuples.
Oui, le droit international doit être défendu et renforcé contre tous les impérialismes.
Oui, les choix énergétiques doivent être débattus démocratiquement, en intégrant les enjeux sociaux, environnementaux et de sécurité.
La défense ne peut être envisagée que dans une perspective de protection des populations, de coopération entre les peuples et de défense d’un modèle social fondé sur la solidarité, la justice sociale, et l’émancipation.
Ce modèle, la CGT le revendique et le défendra sans compromis. Un modèle qui investit dans l’éducation, la santé, les services publics, le partage des richesses et l’égalité des droits. Un modèle qui combat toutes les discriminations, garantit la liberté syndicale, le droit au travail, à un logement digne, à la protection sociale, et la libre circulation des personnes.
Un modèle qui place la dignité humaine au-dessus des intérêts financiers.
Rien de tout cela n’est possible sans la paix et la démocratie, qui doivent rester des valeurs non négociables.
En 2026 comme hier, la CGT est déterminée à mener ce combat, fidèle à son histoire, à ses principes internationalistes et à son engagement aux côtés des travailleuses et des travailleurs. Elle ne renoncera jamais.
Nous tenons à avoir une pensée particulière pour nos camarades de luttes, récemment disparus
Nous fêtons les 90 ans des congés payés et des grèves de 1936. Toute comparaison gardée, la situation géopolitique n’était meilleure et pourtant les travailleurs ont su, par la lutte, obtenir des droits nouveaux.
Vive les grèves de la joie,
