Interventions de L’Union Locale de Nantes à L’Assemblée Générale de rentrée de l’UD 44.
Le 28 août 2026 à l’occasion de l’assemblée générale de rentrée organisée par l’Union Départementale des syndicats CGT de Loire-Atlantique, l’Union Locale a contribuée aux débats par deux déclarations. La première dresse un constat et propose une perspective face aux enjeux de l’année à venir. La seconde aborde la création des syndicats territoriaux.
- Enjeux et perspectives.
» Camarades,
Nous sommes aujourd’hui confrontés à des enjeux sociaux,
économiques, environnementaux et démocratiques majeurs.
Les transformations du monde du travail, les attaques contre
nos droits, les inégalités qui progressent, mais aussi l’urgence
climatique et les échéances politiques à venir nous oblige à
passer à l’action.
Nous ne pouvons plus nous contenter de fonctionner chacun
dans notre coin.
Il faut que les syndicats, les unions locales et l’Union
départementale travaillent davantage ensemble. Nous avons
besoin de recréer du collectif, de remettre le « tous ensemble
» au cœur de notre démarche et de sortir enfin du
corporatisme.
Trop souvent, chacun se bat sur son propre périmètre, dans
son entreprise, son secteur ou son syndicat. Pourtant, les
problèmes auxquels nous sommes confrontés dépassent
largement les frontières de nos entreprises.
Ce qui se passe dans une entreprise concerne le monde du
travail dans son ensemble.
Il y a quelques années l’UD avait proposé de mettre en place
un CCN local afin que les syndicats, les ULs et l’UD puissent
construire des mobilisations communes, faire circuler les
expériences, de mutualiser nos forces et de remettre les
camarades au cœur des décisions et de l’action.
Nous pensons que cette initiative mérite aujourd’hui d’être remise
au goût du jour.
Mais nous devons nous interroger franchement : pourquoi nos
syndicats militent-ils si peu dans l’interpro ? Quel est le frein ?
Est-ce un manque de temps ? Un manque de moyens ? Une
difficulté à travailler ensemble ? Une méconnaissance du rôle
des structures interpro ? Ou avons-nous simplement pris
l’habitude de fonctionner chacun dans notre secteur ?
Si nous voulons être capables de mobiliser largement, de
défendre les services publics, l’emploi, les salaires, la
protection sociale et de répondre aux enjeux climatiques et
politiques, nous devons remettre l’interpro au cœur de notre
activité syndicale.
L’interpro ne doit pas être une activité secondaire : il doit
redevenir un axe central de notre militantisme
Malheureusement nous repartons encore une fois dans nos
travers avec une journée pour la santé et l’action sociale le 15
septembre, une journée pour la défense des services publics
le 29 septembre … Mais à quand une vraie journée
interprofessionnelle, capable de rassembler largement les
salarié·es du privé et du public, les retraité·es, les privé·es
d’emploi et la jeunesse ?
Nous ne pouvons plus nous contenter de journées sectorielles
qui se succèdent sans réussir à créer un rapport de force
commun.
Les syndiqué·es et les élu·es mènent souvent des combats
acharnés dans les CSE. Ils y défendent les salariés,
contestent les projets patronaux, arrachent des droits et
utilisent tous les leviers dont ils disposent. Ce travail est
indispensable et personne ne doit le sous-estimer.
Mais nous devons aussi tirer un constat politique : aussi
déterminés soient-ils, les combats menés entreprise par
entreprise ne suffisent pas à eux seuls à inverser les rapports
de force.
Notre rôle est au contraire d’articuler les deux dimensions :
être présents et combatifs dans les entreprises tout en
construisant les solidarités interprofessionnelles.
C’est pourquoi nous ne devons pas laisser notre activité
syndicale se limiter aux réunions d’instances, aux
négociations ou aux consultations. Notre force ne réside pas
seulement dans les mandats que nous détenons, mais dans
notre capacité à organiser les salariés, à les mettre en
mouvement et à relier leurs luttes entre elles.
C’est auprès de nos collègues que nous devons recréer l’envie
de lutter, de revendiquer et de gagner. Il faut retourner sur le
terrain, discuter, convaincre, organiser, construire des
collectifs et donner envie aux salariés de reprendre leur destin
en main.
Nous devons retrouver un syndicalisme qui ne soit pas
uniquement institutionnel, mais un syndicalisme de terrain,
de proximité et de conquête.
Les enjeux climatiques et sociaux doivent également nous
obliger à repenser notre action.
La transition écologique ne peut pas être laissée aux seuls
gouvernements ou aux entreprises. Elle concerne directement
les salariés : l’emploi, les conditions de travail, les transports,
le logement, l’industrie, les services publics et notre avenir
collectif.
Nous devons porter ces questions dans nos syndicats, dans
les UL, dans l’UD et auprès des salariés.
L’échéance présidentielle de 2027 sera également un moment
important de débat dans notre société. Elle doit nous pousser
à renforcer notre présence auprès des travailleurs, à informer,
à débattre et à faire vivre nos revendications et nos valeurs
CGT.
Nous ne pouvons pas regarder cette période arriver en
spectateurs.
Nous avons des militantes et des militants, des expériences,
des savoir-faire et des salariées qui attendent parfois
simplement qu’on leur redonne une perspective collective.
A nous maintenant de faire vivre cette ambition « .
2. Les syndicats territoriaux : une nouvelle structuration pour la CGT.
» Camarades,
Le 54 -ème congrès de notre CGT réuni à Tours du 1er au 5 juin 2026 à acté la création des syndicats territoriaux selon les modalités suivantes :
« Dans le respect de nos statuts et pour permettre aux individuels d’être rattachés à un syndicat, les fédérations qui comptent des syndiqués individuels travailleront avec elles et eux à définir les périmètres de syndicats professionnels en territoire, conjointement avec les UD sur la base des réalités territoriales débattues avec les UL. Un suivi sera mis en place par une commission confédérale, avec un état des lieux en CNN à mi-mandat et un bilan au 55ème congrès basé notamment sur des indicateurs chiffrés (moyens consacrés, transmission des données entre organisations, etc.) »
Une première remarque s’impose : le texte est suffisamment flou pour comprendre que tout est à imaginer et à créer localement.
On comprend aussi la problématique que rencontre nos camarades individuels, mais surtout isolés, celle de représenter la CGT dans des champs professionnels portés par des structures de petites tailles dans lesquelles le « turnover » est constant, traduisant ainsi des conditions de travail particulièrement difficiles et des salaires indignes.
A L’UL de Nantes nous connaissons ces difficultés car elles nous sont relayées notamment par des collectifs à l’exemple du « collectif des sociétés d’études 44 ». Nous avons aussi accompagné la création de syndicat à l’exemple du SEPAN.
Nous savons que pour les UL et la CGT les enjeux sont importants.
Ils sont tout d’abord financiers, car traditionnellement ( à l’exception de quelques fédérations comme celle des sociétés d’études ) ce sont les ULs qui syndiquent nos camarades dits individuels. Pour certaines ULs cette perte pourrait les mettre en grande difficulté.
Pour la CGT c’est une nouvelle entité qui va venir s’ajouter à notre organisation historique que sont les secteurs professionnels les Unions Locales et en leurs absence les Unions Départementales.
Il nous faudra veiller à ne pas tomber dans le piège des conflits de pouvoir. C’est tout l’enjeu de la nécessité de débattre sur les réalités territoriales. C’est aussi toute l’importance de travailler dans un esprit de concorde avec tous les camarades concernés.
Enfin, il nous faudra rester vigilants et bien analyser les motivations réelles de nos camarades à la création de syndicats territoriaux afin d’éviter toute tentative d’entrisme « .